Infrastructures de transports terrestres, écosystèmes et paysages

SYNERGIE

Mise en synergie des réseaux : évoluer la contribution des emprises des infrastructures linéaires de RTE et de RFF aux continuités écologiques.
ITTECOP Apr 2014
Projet: Recherche
En cours

Responsable(s) Scientifique(s)

Magalie
Franchomme
/ Organisation: Université Lille 1
magalie.franchomme[@]univ-lille.fr

Rapports & Synthèses


Présentations & Poster

Présentation

Valorisations

Site Internet du projet
:

Schmitt G., Franchomme M. et Hinnewinkel C., 2017 : Pratique de l’interdisciplinarité dans la recherche sur la biodiversité : le programme SYNERGIE. « Mardi des Chercheurs de l’Université de Mons », 7 mars, Mons.
Exposition à l’Xperium de l’Université de Lille 1 « Aménagement de corridors biologiques »

Mise en synergie des réseaux : évoluer la contribution des emprises des infrastructures linéaires de RTE et de RFF aux continuités écologiques

Alors que nombre d’études montrent les effets négatifs des infrastructures de transports sur les déplacements faunistiques, le projet SYNERGIE part du postulat qu’elles offrent des opportunités foncières à saisir, notamment en lien avec la mise en œuvre des Schémas Régionaux de Cohérence Ecologique (SRCE). L’objectif est d’évaluer comment et si les zones d’emprunts et les délaissés contribuent au maintien ou au rétablissement des continuités écologiques. Peuvent-ils être supports de réservoirs de biodiversité ?

1synergie.png

Quelles sont les conditions d’une interaction viable entre biodiversité, ILTe et contraintes réglementaires ?

L’étude s’est focalisée sur l’ex-région Nord-Pas de Calais et sur deux opérateurs (SNCF Réseau et RTE). Quatre axes structurent le projet. L’axe 1 « Analyse spatiale » a produit une première cartographie des « points de rencontre » entre les ILTe et le SRCE-TVB du Nord-Pas de Calais, cette dernière a servi de base de discussion entre l’équipe scientifique et les opérateurs-partenaires sur le choix des sites d’étude de l’axe 3. L’axe 1 s’est prolongé par l’estimation du potentiel de biodiversité des emprises des réseaux des opérateurs et par des simulations des effets d’aménagements en faveur de la biodiversité au sein de ces emprises sur la connectivité écologique entre les réservoirs de biodiversité du SRCE-TVB.

L’axe 2 « évolution des discours et de la norme » dresse un inventaire des déterminants normatifs et prescriptifs susceptibles d’agir sur la mise en synergie des objectifs du SRCE avec la gestion des deux ILTe. Les déterminants juridiques ainsi que les contraintes de gestion des propriétaires ont été identifiés à partir de la bibliographie (documents internes, textes législatifs et contrats), d‘entretiens auprès des opérateurs et des agriculteurs et d’analyses documentaires des cadres législatifs et des contrats. Les premiers résultats révèlent une évolution vers une gestion plus « écologique » que ce soit dans les pratiques ou le discours, néanmoins des dissensions persistent.

L’axe 3 « Biodiversité, fonctionnalité et paysage » mesure la biodiversité des sites selon trois dimensions : (i) au niveau du paysage via une étude quantitative à 360° autour des pylônes, (ii) au niveau du site, par le recours aux pièges photographiques pour suivre la présence et de la circulation de la faune aux abords, (iii) au niveau des infrastructures elles-mêmes (sous pylône et le long des voies ferrées) par un suivi des communautés de la faune du sol afin d’estimer les effets des modalités de gestion mises en place aux abord des infrastructures. L’hypothèse est qu’en fonction de la modalité de gestion en place, les ILTe "pieds de pylône" représenteraient un refuge pour la faune du sol, se traduisant par une plus grande richesse spécifique ainsi qu’une plus grande abondance des taxons.

L'axe 4 combine les analyses dans une perspective interdisciplinaire, inter et intra axes. Deux séminaires annuels permettent de discuter les méthodologies appliquées, ainsi que les résultats de la recherche. Le vocabulaire utilisé par chaque discipline lors des échanges est défini dans un thesaurus. De plus, une enquête a été faite auprès des membres du projet en mars 2017 pour évaluer leur rapport à l'interdisciplinarité.

Apports et résultats

La simulation des effets d’aménagements en faveur de la biodiversité identifie les portions de territoire où des actions ciblées ou des efforts cumulés des deux opérateurs pourraient être mis en place. L’analyse juridique confirme la juridicisation du paysage, visant à transformer les externalités négatives. Ce projet est révélateur de matériaux (contrats entre gestionnaires d’infrastructures et propriétaires, chartes…) très rarement appréhendés lors des recherches. Toutefois, le droit n’apparaît pas comme le seul levier et doit être appréhendé à l’aune des pratiques des différents acteurs. L’analyse du discours de ces derniers souligne la persistance d’une dissension entre entretien des ILTe et respect de la biodiversité, ainsi que la faible communication sur les actions engagées par les opérateurs. Ce déficit transparait également dans les entretiens menés auprès des agriculteurs, qui souhaiteraient une plus grande communication des opérateurs sur la gestion de la végétation.

Enfin, les campagnes de terrain montrent que la composition des communautés faunistiques diffère selon les modes de gestion (friche, pâture ou culture) et leur proximité au pylône (sous ou à proximité). L’effet refuge potentiel n’est observé que sous les pylônes laissés en friche, aussi l’étude n’a pas permis de mettre en évidence un effet positif global sur l’abondance et la composition des communautés édaphiques. Les premières conclusions seront affinées et consolidées à la fin du programme SYNERGIE en 2018.
Préconisations pour l’action

L’état d’avancement du projet SYNERGIE permet d’identifier les pistes suivantes, celles-ci s’adressent en premier lieu aux opérateurs-partenaires :
  • Amorcer une discussion entre opérateurs sur la base de l’atlas de cartographie identifiant et qualifiant les « points de rencontre » entre leurs réseaux respectifs et le SRCE. L’atlas localise les secteurs sur lesquels un changement de pratiques des opérateurs serait favorable à la connectivité écologique.
    • Mise en place d’une collaboration longue avec les partenaires ressources dans le domaine de la biodiversité :
    • libéralisation des informations (cartographiques et big-data notamment) détenues par les établissements publics nationaux,
    • développer la recherche en écologie du paysage à partir des données du couvert végétal dont disposent les opérateurs,
    • en partenariat avec les chambres d’agriculture, les fédérations de chasse et les associations naturalistes mise en place de « dispositifs d’essaimage » des expérimentations en cours.
  • Encourager la communication des opérateurs à destination des usagers des infrastructures et de leur environnement proche (agriculteurs notamment) quant aux bénéfices d’une gestion planifiée de la faune et de la flore.

Perspectives

Les perspectives à court terme du projet visent à sa finalisation, le CERAMA Nord-Picardie a été sollicité en 2017 pour étudier la biodiversité terrestre (mammifères et micromammifères) au sein des zones de convergence étudiées et pour en estimer l’enjeu. Ces prospections compléteront les travaux de l’axe 3.

A moyen et long termes, sur le volet « modélisation », l’intégration d’autres ILTe pourrait enrichir les analyses et les résultats et concernant les pratiques, un rapprochement avec les chambres d’agriculture pourrait être envisagé. Enfin, du point de vue juridique, le projet révèle la nécessité de dresser une typologie des contrats, afin de les dissocier des autres documents de type soft-law.

Pour aller plus loin

Animation du projet en interne :

  • plateforme collaborative mise en place en octobre 2015 : archivage des connaissances et échanges entre membres,
  • 6 séminaires « fabrique interdisciplinaire ».

Rayonnement du projet :

Productions scientifiques :

  • Schmitt G., Franchomme M. et Hinnewinkel C., 2017 : Pratique de l’interdisciplinarité dans la recherche sur la biodiversité : le programme SYNERGIE. « Mardi des Chercheurs de l’Université de Mons », 7 mars, Mons.
  • Exposition à l’Xperium de l’Université de Lille 1 « Aménagement de corridors biologiques »
  • 4 stages (J. Duvivier ; O. Lecoq, C. Cinquin, A. Bonnet)

Publications en projet

  • Vers la juridisation du paysage ? Relation entre les dispositions de la loi Biodiversité sur le paysage et les futures lignes à haute ou très haute tension.
  • Écologisation des pratiques d’entretien des dépendances vertes des ILTe – les talus SNCF et les pieds de pylônes RTE dans le Nord-Pas de Calais.
  • Coordination d’un dossier dans la Revue Développement durable et territoires.

Le webdoc ITTECOP

webdoc home