ITT et Modélisation Paysagère pour l’Appréciation Dynamique des ImpaCts sur le Territoire

Responsables scientifiques

Pierre-André Pissard
Irstea UMR Tetis
pierre-andre.pissard[@]teledetection.fr

Eric Barbe

Irstea UMR Tetis
eric.barbe[@]teledetection.fr

Info 

Mots-clé

Dynamiques spatiales, modélisation et mesures compensatoires

Résumé

L’aménagement d’une Infrastructure de Transport Terrestre (ITT) génère des modifications et des perturbations importantes sur toutes les composantes naturelles et humaines du territoire d’insertion.

La prise en compte des impacts dans la mise en œuvre des projets d'aménagement est difficile. Il existe une forte demande en termes de méthodes et d’outils de la part de l’ensemble des acteurs impliqués dans ces projets (maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, collectivités territoriales, bureaux d’études, services instructeurs, naturalistes) pour prévoir et qualifier ces impacts.

Le projet IMPACT a pour objectif général de développer des méthodes et des outils opérationnels d’appréciation des impacts des projets d’ITT afin d’améliorer la prise de décision environnementale.

Pour mesurer ces impacts, un projet d’ITT a été considéré comme un facteur de modification du territoire qui va perturber les dynamiques existantes. Du point de vue méthodologique, cette orientation a structuré le projet IMPACT. Il s'agissait de caractériser les dynamiques territoriales, d'en déterminer des règles d'évolution et de simuler à partir de ces règles les évolutions avec et sans ITT.

Le projet IMPACT s'est appuyé sur une réalité, celle du contournement de Nîmes et Montpellier (Ligne à Grande vitesse) dans le territoire des Costières de Nîmes. Le territoire des Costières de Nîmes s'étend au Sud-Est de Nîmes, dans le département du Gard (Languedoc-Roussillon, France).

Une autre caractéristique d'IMPACT a été la dimension partenariale. Depuis sa conception jusque dans son déroulé, le projet s’est appuyé sur des collaborations avec les collectivités locales, les services de l’État, les gestionnaires d’espaces, les associations naturalistes, la chambre d’agriculture, l'agence d’urbanisme et de développement régional, les bureaux d’études, le maître d’ouvrage.

Le projet était organisé en 6 modules. Le premier module "fouille de données" voulait tester l'utilisation de méthodes d'extraction automatique pour identifier les dynamiques territoriales, en distinguant les évolutions dues aux impacts des ITT. Le second module voulait développer un modèle de dynamiques paysagères capable de décrire les principaux processus (territoriaux, écologiques) en cours et d'identifier des règles d'évolution permettant au troisième module de simuler des évolutions futures en fonction de scénarios, y compris ceux concernant la mise en œuvre d’une infrastructure de transport. Le quatrième module voulait développer un outil générique, opérationnel et généralisable capable de produire des simulations et des analyses prospectives pour l'évaluation des impacts des ITT sur un territoire. Le module 5 "systèmes écosystémiques" explorait l'intérêt de recourir aux services écosystémiques pour prendre en compte la "biodiversité ordinaire". Le module 6 "processus décisionnel" étudiait le cycle de décision d'un projet ITT pour identifier par quels décideurs, à quels moments du cycle et de quelle manière l'information pouvait être mobilisée pour améliorer la prise en compte de la biodiversité dans la prise de décision.

Le couplage modélisation et simulation a produit des informations pertinentes et utilisables sur les évolutions prévisibles des territoires. Le projet a mis aussi en évidence la faiblesse des connaissances sur la « biodiversité ordinaire » et les difficultés d’accès et de partage de ces connaissances. Ainsi, dans le cas du projet CNM, la prise en compte de la biodiversité s'est limitée à la gestion d'une espèce remarquable, protégée l'outarde.

La continuité passe bien sûr par des actions de consolidation méthodologique qui sont du champ de la recherche. Pour chacun des modules, des propositions d'améliorations méthodologiques et des perspectives de recherche ont été proposées. Mais de manière peut être plus fondamentale, les questions de processus réglementaires (prise en compte de la biodiversité dans les phases de concertation en amont de projet avant les décisions irrévocables), d'intégration pour obtenir des outils opérationnels (répondant aux besoins des partenaires) et de dialogue partenarial (amélioration des phases de concertation et socialisation des enjeux dans des processus de "pédagogie citoyenne"....) sont centrales.

Ces questions ne peuvent être abordées que partiellement dans le cadre d'un projet de recherche. Elles posent des questions d'organisation des relations entre les services de l'Etat et les acteurs privés, bureaux d'études, en charge de la production de connaissances et de l'information.

Le projet IMPACT s’inscrit en complémentarité du projet INTERMOPES (APR ITTECOP 2008).